RÉACTION – réponse à l’article du SUB par un membre de l’association

Je m’exprime ici en mon nom personnel. Mes propos n’engagent aucun des membres de l’association. C’est en regard du travail fourni par certains de ces membres actifs depuis plus de deux ans que je formule une réponse à l’article du SUB (Syndicat Unifié du Bâtiment) :
LE CORPORATISME : une fausse bonne idée

Une mise au point s’impose sur le sujet même de cet article. Nous ne préconisons en aucun cas l’utilisation par les cordistes de leurs propres EPI. Aujourd’hui, le fait est là, beaucoup de cordistes travaillent avec leurs EPI. En majorité les intérimaires. Les raisons en sont multiples.

Nous luttons pour que cet état de fait change. Nous faisons pression sur les employeurs afin qu’ils respectent les dispositions légales en la matière. Mais le rapport de force n’est évidemment pas en notre faveur. L’indemnisation n’est qu’un moyen de pression dans le processus. Cette mesure a fait l’objet de débats en interne. Elle ne nous satisfait pas entièrement, mais elle a le mérite de faire en sorte que les cordistes soient moins floués en attendant le Grand Soir.

Dois-je rappeler que l’association s’est créée à la suite de l’accident de Quentin, pour la défense de ses proches dans leur combat judiciaire ? Très vite, nous avons élargi nos prérogatives. Tant est criante l’absence d’organisation au sein du métier. Le désert syndical avoué dans l’article.

Certains de nos combats s’apparentent en effet à un travail syndical. Preuve que la lutte peut revêtir différentes formes.

De fait, l’association, en raison de sa genèse, est corporatiste en cela qu’elle défend les cordistes sur des thématiques liées à leur métier. La tâche en elle-même est immense. Qu’on nous pardonne de nous y consacrer. Certes, notre organisation est imparfaite et tâtonnante. Ceux qui ont fait plus et mieux jusque là nous jetteront la première pierre.

En revanche, je récuse l’amalgame avec un corporatisme doctrinaire, collaborationniste avec le patronat. Quiconque serait en peine de trouver dans nos actions une once de complaisance avec les employeurs. La rumeur dit au contraire que notre vocable en colère nous prive de bon nombre de sympathies chez les cordistes, et partant, d’adhésions. Le corporatisme doctrinaire est à chercher de leur côté.

J’accepte la critique et la contradiction.

Je refuse l’insulte.

Par respect pour celles et ceux qui luttent au sein de l’association pour les droits de leurs collègues, au détriment de leurs loisirs.

Par respect pour les proches des cordistes morts au travail que nous accompagnons dans leurs combats judiciaires.

Par respect pour ceux qu’un accident a broyé, et qui se sont tournés vers nous.

L’évocation pétainiste est une infamie pour tous ces gens que je connais, que j’estime. Elle leur dit qu’ils se sont fourvoyés dans le choix de leur engagement pour les uns, de leur soutien pour les autres. Elle les associe insidieusement à l’outrage qui frappe notre association. Leur association, la plupart en étant membres. Le procédé est assez détestable.

Voilà en tout cas un beau travail de division des travailleurs, d’éclatement des membres d’une même classe. Classe ouvrière pourtant portée aux nues dans cet article.

Qui, dès lors, fait le jeu du patronat ?

Eric LOUIS, président de l’association Cordistes en colère, cordistes solidaires.

One Reply to “RÉACTION – réponse à l’article du SUB par un membre de l’association”

  1. Membre de la CNT EFI NPDCP, je m’insurge contre l’article des camarades du SUB dont les références Pétainistes sont nauséabondes, diffamatoires et inadéquats avec vos écrits, vos actions et votre engagements (il suffit de parcourir votre site pour le comprendre). Oui les EPI doivent être fournis mais tel n’est pas le cas donc que fait-on ? Avons nous les forces vives pour empecher les chantiers dont les patron-n-es ne respectent pas la loi, avons nous les moyens d’ester aux prud’hommes pour chaque entreprise d(Intérim ou leurs client-e-s ?? NON, alors l’indemnisation est une première étape. Le seul reproche que je pourrais vous faire, et encore du bout des lèvres, c’est de ne pas enrichir les forces du syndicalisme si vous ne militez que dans votre associations. Cénétiste convaincu, j’estime qu’il faut que le anarcho-syndicalistes, libertaires et autres révolutionnaires entrent dans les syndicats de lutte pour les construire, les faire évoluer et Un SUB nordiste pourrait faire évoluer le SUB parisien et contrer des références plus qu’hasardeuses!!

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