ACCIDENT DUNKERQUE – Le procureur de Douai valide l’omerta

Depuis le 26 juin, nous cherchons désespérément l’identité du cordiste décédé sur le site Nord Céréales, à Dunkerque.
L’omerta est totale.
C’est inadmissible.
C’est inacceptable.
Même le Procureur près le Tribunal Judiciaire de Dunkerque nous oppose une fin de non-recevoir.
Il évoque le « secret de l’enquête », nous prétendons qu’il s’agit d’invisibilisation.
Il invoque « l’intimité privée et familiale », nous répondons volonté d’isoler les membres de cette famille anéantie par le drame les frappe.

Aucune loi n’impose cette chape de plomb. Aucune morale ne la légitime.
Si ce garçon appartient avant tout à sa famille, il fait néanmoins sociologiquement partie intégrante de la classe ouvrière. De la confrérie des cordistes.
Quel respect dès lors pour les ouvriers cordistes, ses collègues ?
Quel respect pour ce gars, soustrait à la solidarité de ses frères et sœurs de chantier ?
Courant juin, Mélanie Lemée, jeune gendarme de 25 ans décède dans l’exercice de son métier. En quelques heures, chacun peut prendre connaissance de sa biographie. Les témoignages et les hommages pleuvent. Et ce n’est que justice, bien-sûr.
Le parquet d’Agen organise même une conférence de presse !
Où sont passés le « secret de l’enquête », « l’intimité privée et familiale » ?
Pourquoi deux traitements diamétralement opposés dans le cadre d’un seul et même fait : la mort d’un individu dans le cadre de son travail ?
Héroïsation d’un côté, invisibilisation de l’autre.
Empathie pour l’une, mépris pour l’autre.
2 morts chez les gendarmes depuis le début de l’année.
120 morts chez les ouvriers.
Cela montre et démontre le peu de considération dont nous jouissons.
Travailleur, lorsque tu bosses, tu n’es pas grand-chose.
Quand tu meurs au boulot, tu n’es plus rien. Ni personne.

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