ACCIDENT DE MICKAËL : Délibéré de la Cour d’appel de Nîmes et pourvoie en cassation de la société EIFFAGE

EXTRAIT DU JOURNAL TÉLÉVISÉ 19/20
du 17/06/2022 sur FR3 Pays-gardois

Le 14 avril 2022 à Nîmes, s’était tenu le procès en appel de l’accident qui avait coûté la vie à Mickaël BECCAVIN en mars 2018 (lire ici le rappel des faits et de la procédure).

Lire aussi le compte-rendu de l’audience du 14 avril 2022.

Jeudi 17 juin, la Cour d’appel de Nîmes a rendu son délibéré. Dans son jugement, elle confirme l’intégralité du jugement de première instance, tant dans ses dispositions pénales que civiles. Ainsi, l’entreprise EIFFAGE Construction Gard est reconnue coupable d’homicide involontaire pour « avoir eu recours à de la sous-traitance sans faire accepter le sous-traitant par le maître d’ouvrage. » Mais surtout, pour recours non justifié à des travaux sur cordes plutôt qu’à toute autre solution de protection collective (nacelle, échafaudage).

EIFFAGE est ainsi condamnée à une amende de 100 000€ et à verser des dommages et intérêts aux proches de Mickaël.

La société SUD ACROBATIC, n’ayant pas fait appel de sa condamnation initiale, n’avait quand a elle pas été rejugée. Sa peine reste inchangée : 4000 euros d’amende pour « réalisation de travaux sans remise d’un Plan particulier de sécurité et de protection de la santé » sans avoir à verser aucune indemnité aux proches de Mickaël.

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DERNIÈRE MINUTE :

Comme c’était à craindre, la société EIFFAGE n’accepte toujours pas sa condamnation et s’est pourvue en cassation… Est-ce bien étonnant pour un groupe qui pèse plusieurs milliards d’euros ? Ils n’ont en tout cas rien à perdre à user tous les recours existants…

Pendant ce temps-là, les parties civiles voient leur attente et leur calvaire judiciaire prolongé d’au moins une à deux années supplémentaires… Une énorme pensée aux proches de Mickaël à qui nous apportons tout notre soutien et notre fraternité.

PRESSE – Benjamin, décès d’un cordiste en Nouvelle Calédonie

NOUVELLE CALÉDONIE
Mort d’un collègue cordiste après un éboulement

C’est un triste air de déjà vu que l’on découvre ce week-end sur le site de Nouvelle-Calédonie 1ère.
Vendredi 3 juin, Benjamin, un jeune cordiste de 30 ans, a perdu perd la vie après avoir été enseveli sous l’éboulement de blocs rocheux.
Selon la presse, il effectuait une purge de sécurisation sur une concession minière de l’Etoile du Nord, à Koumac.

Les « risque naturels » sont ils des fatalités non maîtrisables ?
Cette question notre profession devra accepter de la prendre à bras le corp.
Sur 26 cordistes décédés au travail depuis 2006, au moins 5 ont perdu la vie suite des éboulements rocheux. Au moins 6 aujourd’hui…

Toutes nos pensées vont aujourd’hui à sa famille et ses collègues.

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L’article paru sur Nouvelle-Calédonie 1ère :

Un homme a perdu la vie vendredi, sur une concession minière de l’Etoile du Nord, à Koumac. Il s’agit d’un cordiste d’une trentaine d’années, qui effectuait avec ses collègues une purge de sécurisation après un éboulement. A ce stade, la piste de l’accident est privilégiée. LIRE LA SUITE

RADIO – CANUT INFOS du mercredi 18 mai 2022

Mercredi 18/05, la veille du championnat de France, deux membres de l’association Cordistes en colère, cordistes solidaires intervenaient en direct sur les ondes de Radio Canut à Lyon.

Une rapide présentation de l’association et le pourquoi de sa présence lors de ce championnat.

Émission à ré-écouter ci-dessous :

PRESSE – Cordistes : la filière sur le long chemin de l’hyperprofessionnalisation

Retour sur les débats qui ont animés les championnats de France Cordistes 2022 à Lyon. Un article intéressant paru le 25 mai 2022 sur le Journal du bâtiment et des travaux publics.
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𝗖𝗢𝗥𝗗𝗜𝗦𝗧𝗘𝗦 : 𝗟𝗔 𝗙𝗜𝗟𝗜𝗘̀𝗥𝗘 𝗦𝗨𝗥 𝗟𝗘 𝗟𝗢𝗡𝗚 𝗖𝗛𝗘𝗠𝗜𝗡 𝗗𝗘 𝗟’𝗛𝗬𝗣𝗘𝗥𝗣𝗥𝗢𝗙𝗘𝗦𝗦𝗜𝗢𝗡𝗡𝗔𝗟𝗜𝗦𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡

Loin de l’image d’acrobate qui lui colle souvent à la peau, la profession de cordiste n’a aujourd’hui qu’un objectif en tête : l’hyperprofessionnalisation.

Organiser un championnat de France, c’est souvent l’occasion de faire parler de soi. Et pour la profession de cordistes, habituée à être dans l’ombre, c’est l’opportunité de passer, le temps d’une semaine, en pleine lumière. « On fait parler de nous, c’est plutôt une bonne chose, explique d’ailleurs un organisateur. Même si ça n’est pas forcément toujours de la meilleure des façons. » .

CORDISTE, UNE PROFESSION QUI ÉVOLUE

En effet, très souvent catalogués casse-cou ou acrobates, les cordistes sont aujourd’hui à mille lieux de cette image d’Epinal qui leur colle toujours à la peau. « J’ai commencé dans le milieu il y a une dizaine d’années et j’ai vraiment vu les choses évoluer, confirme d’ailleurs le champion de France Alban Girardin. Désormais, on monte à deux cordes, les formations ont beaucoup progressées…« 

Pourtant, malgré ces efforts, la filière a connu son lot de drames ces dernières années. A commencer par les trois accidents mortels de Bazancourt, en 2012 et 2017, à l’origine de la création de l’association « Cordistes en colère, cordistes solidaires ». « Elle regroupe des professionnels mais aussi des proches de victimes, explique Grégory Molina, membre et également cordiste intérimaire. Notre objectif est de faire avancer la profession, de manière collective, pour que plus personne n’ait à vivre ce genre de drame. » .

MATÉRIEL « USÉ OU PAS ADAPTÉ »

C’est aussi dans ce but que l’OPPBTP et France travaux sur cordes (FTC) ont présenté, en marge des championnats de France, deux fascicules rappelant les fondamentaux des travaux sur cordes. « On les a construits avec deux choses en tête : éviter les accidents graves et faire en sorte qu’il n’y ait plus de cordistes complètement cassés à la fin de leur carrière« , a d’ailleurs expliqué Joel Finiel, de l’Organisme de prévention, lors d’une table ronde.

Une avancée qui ne suffira peut-être pas à rassurer quelques-uns des cordistes présents. « Aujourd’hui, il y a encore trop de problèmes concernant la fourniture des EPI, a notamment indiqué un intérimaire. On se retrouve souvent sur les chantiers à devoir travailler avec du matériel usé ou pas adapté.«  »On a aussi parfois des chefs de chantier qui, parce qu’ils ont la pression des délais, ne vont pas respecter les procédures. »

Mais, pour beaucoup de professionnels, c’est surtout aux chefs d’entreprise d’agir pour faire avancer les choses. « Trop de gens travaillent encore sur une corde, explique un professionnel. En 2022, ça n’est plus possible. On en a marre de voir des collègues qui meurent ! » Un sentiment partagé par Martine Brugière, mère de Régis Brugière, décédé en pleine intervention en 2017, qui a souhaité témoigner lors de la table ronde. « Cet accident a détruit notre famille. Si j’ai voulu parler, c’est aussi pour que la sécurité devienne une priorité« , a-t-elle expliqué. « On fera tout pour que ça ne se reproduise pas« , lui a répondu Jacques Bordignon, président de France travaux sur cordes. .

BIENTÔT UN CODE APE POUR LA PROFESSION ?

Depuis plusieurs mois, l’association Cordistes en colère mène un combat : faire en sorte que la profession bénéficie de son propre code APE, « pour mettre fin à cette omerta sur les accidents graves et mortels, indique Grégory Molina. Ça permettrait d’avoir de vraies données sur l’accidentologie au niveau de la Sécurité sociale, pour ensuite entreprendre des actions de prévention ciblées« .

L’association Cordistes en colère va donc déposer une demande de création de code APE auprès de l’Insee. Une initiative que France travaux sur cordes a fait le choix de… ne pas soutenir. « Pour nous, c’est difficile à comprendre, indique Grégory Molina. D’un côté, on organise des championnats pour promouvoir le métier de cordiste. Et de l’autre, on ne fait pas les démarches pour qu’il soit reconnu au niveau des institutions.« 

LYON – Jeudi 19 mai : Cordistes, rencontre et discussions


𝗟𝗮 𝗽𝗮𝗿𝗼𝗹𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗰𝗼𝗿𝗱𝗶𝘀𝘁𝗲𝘀 𝗮𝘂𝗿𝗮-𝘁-𝗲𝗹𝗹𝗲 𝘀𝗮 𝗽𝗹𝗮𝗰𝗲 𝗮𝘂 𝗰𝗵𝗮𝗺𝗽𝗶𝗼𝗻𝗻𝗮𝘁 𝗼𝗿𝗴𝗮𝗻𝗶𝘀𝗲́ 𝗽𝗮𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗽𝗮𝘁𝗿𝗼𝗻𝘀 ?

𝗥𝗲𝘁𝗿𝗼𝘂𝘃𝗼𝗻𝘀 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝗷𝗲𝘂𝗱𝗶 𝟭𝟵 𝗺𝗮𝗶 𝗮̀ 𝗹𝗮 𝗙𝗿𝗶𝗰𝗵𝗲 𝗟𝗮𝗺𝗮𝗿𝘁𝗶𝗻𝗲 (𝗟𝘆𝗼𝗻).

L’association Cordistes en colère, cordistes solidaires vous propose de venir découvrir les réalités ouvrières de ce métier. Mais aussi et surtout, de venir débattre et réfléchir ensemble autour des luttes et des tentatives amorcées pour se défendre collectivement…

Avec au programme, projection du reportage sur l’accident de Régis à la CAN, rencontres, débat, stand de l’association avec notamment des livres d’Éric Louis.

RDV donc jeudi 19 mai dès 19h à la Friche Lamartine
(21 Rue Saint-Victorien, 69003 Lyon)

Assemblée Générale du SYSOCO : 21 mai à Lyon

Joyeux 1er mai à toutes et tous !

L’AG du SYSOCO se tiendra le 21 mai à Lyon à 9h (le lendemain du championnat de France Cordiste), dans la salle de réunion de la librairie La Gryphe, 5 rue Sébastien Gryphe dans le 7ème arrondissement.
Par ailleurs, le SYSOCO tiendra un stand lors du championnat les 19 et 20 mai à la sucrière de Lyon.
Venez nous rencontrer et discuter, venez voir les derniers travaux du syndicat !
Des solutions d’hébergement ou de covoiturage sont possible, posez vos questions en commentaires ou en MP !

PRESSE – Morts au travail. Syndicats et associations tirent la sonnette d’alarme

Vidéo et article parus le 28 avril 2022 sur l’HUMANITÉ.fr

Un rassemblement s’est tenu aux abords du ministère du Travail afin de dénoncer les accidents mortels du travail, toujours plus nombreux en France. Une mobilisation qui s’inscrit dans le cadre de la journée internationale de la sécurité et de la santé au travail, ce jeudi 28 avril.

Le sujet de la vie au travail est resté étonnamment absent des débats liés à l’élection présidentielle et pourtant il concerne des millions de salariés. C’est le 28 avril qui a été choisi par l’OIT (Organisation internationale du travail) depuis 1996, afin de rappeler au monde l’enjeu de la santé et la sécurité au travail. Une mobilisation qui avait pour mot d’ordre cette année : « Halte à l’impunité patronale ! ».

A cette occasion, la Confédération européenne des syndicats (CES) met en garde : « si rien n’est fait pour rendre les lieux de travail plus sûrs, l’union européenne aura à déplorer plus de 27.000 décès d’ici 2029.»

Cordistes en colère
Une délégation de « cordistes en colère » s’est associée à l’évènement. Selon Grégory Molina, cordiste intérimaire en province : « Un manque de formation, d’informations et d’encadrement sur les chantiers liés avec une grande précarité de nos missions ne nous permet pas de mettre en avant notre droit de retrait car le risque serait de perdre son emploi ».

2.000 inspecteurs du travail
Selon Nicolas Bonnet-Oulaldj, président du groupe communiste au Conseil de Paris, il est utile de commémorer cette journée afin de rendre visible les morts au travail et ne pas les oublier. « En 10 ans, l’inspection du travail a perdu 16% de ses salariés »,…, « Aujourd’hui en France, il n’existe plus que 2.000 inspecteurs du travail » s’alarme l’élu de Paris.

Conscients des risques liés à la sécurité au travail
Quand à Frédéric Mau, secrétaire fédéral de la CGT Construction, il tient à préciser que les jeunes qui arrivent sur le marché du travail sont bien plus conscients des risques liés à la sécurité au travail. Le responsable syndical conclut en précisant : « Il suffit de comparer les moyens mis en place pour le code républicain de la route et les moyens mis en place pour le code républicain du travail ».

Source : L’Humanité.fr

PRESSE – Autopsie d’un accident du travail

Par Éric Louis, Le Club Médiapart, 25 avril 2022

Jeudi 28 avril, c’est la journée internationale de la santé et de la sécurité au travail. L’occasion de revenir sur l’omerta quasi-institutionnelle qui règne autour de ce fait de société : l’accident du travail. Et non pas fait divers, comme le prétend la presse quotidienne régionale. Voici le récit d’un accident du travail parmi tant d’autres. Parmi trop d’autres.

9 novembre 2021.

Thierry et Frédéric travaillent sur une canalisation. Opération simple. Ils en ont vu d’autres, les deux tuyauteurs. Des années de métier à traîner leurs guêtres dans les industries du coin.

D’autant plus que cette usine leur est familière. La sucrerie Cristal Union se trouve à quelques kilomètres seulement de leur employeur. Ou plutôt, c’est MCMI qui s’est installé près de la sucrerie. Le gérant fondateur de la petite boîte de maintenance ne s’est pas implanté là par hasard. Il travaillait même chez Cristal Union auparavant. La proximité de l’usine lui assure une activité sans enquiller des kilomètres chronophages. Il peut ainsi répondre aux urgences sans délai.

Dans ce coin du Santerre, tout à l’est de la Somme, l’activité industrielle n’est pas des plus denses. L’emploi s’y fait rare. La Somme est un département économiquement dévasté. Ses contrées les plus reculées en payent le prix fort.

Thierry et Frédéric ont démonté la vanne. La canalisation est ouverte. Béante. Elle est vide, bien sûr. L’installation a été consignée. Les flux de matière sont neutralisés en amont. Interdits de circuler. Évidemment. Heureusement. LIRE LA SUITE

GRETA de Die – Intervention auprès des stagiaires cordistes.

Vendredi 28 janvier, trois membres de l’association Cordistes en colère, cordistes solidaires, sont venus à la rencontre d’une trentaine de stagiaires cordistes du Greta de Die.
En bref, des cordistes en activité qui viennent à la rencontre de leurs futurs collègues de chantier pour échanger sur les réalités du terrain, les questions récurrentes de droit du travail, les enseignements tirés des accidents et les outils de prévention pour s’en prémunir.

Au programme :

Historique de la profession (origines, développement et ses différents acteurs).
Questions fréquentes du droit du travail (droit de retrait, conventions collectives, grille de salaire, heures de route, déplacements, fourniture des EPI, …).
Prévention des risques, type d’accidents les plus récurrents et conséquences pour les accidentés.
Formations existantes et réglementation applicable aux risques spécifiques les plus courants dans le métier de cordiste (chutes de hauteur, risques naturels, espaces confinés, consignations, protections respiratoires, risques industriels, amiante, plomb, explosifs, conduite d’engins, …)

Des échanges, beaucoup de questions, du partage d’informations et d’expériences.
Une journée bien remplie, qui donne envie de reconduire l’expérience.
Merci encore au Greta de Die pour son accueil et d’avoir permis la tenue d’une telle journée, qui était une première dans l’établissement. Une démarche qui s’inscrit dans une volonté partagée de faire évoluer la profession vers de meilleures pratiques.