PARIS – Virée dans les catacombes et pose d’une plaque commémorative en hommage aux collègues cordistes morts au travail

Vendredi soir, après un programme cordisto-parisien bien rempli, c’est rassemblés en un groupe de joyeux lurons que nous sommes partis à la découverte des catacombes parisienne. Une virée souterraine, déjà pour le plaisir de partager ce moment ensemble. Mais aussi avec pour mission d’aller y fixer une plaque en hommage à Arthur, Vincent, Quentin et tous nos collègues partis trop tôt dans un accident du travail.

Pour la petite histoire, c’est pour Vincent Dequin, véritable cataphile, que Fanny sa compagne, Marion la compagne d’Arthur et d’autres de leurs proches, étaient déjà descendus fixer une plaque quelques mois après l’accident, en 2012.
Fanny et Marion le racontent, entre autres souvenirs, dans leur beau témoignage à lire ici : https://cordistesencolere.noblogs.org/…/temoignage…/
Cette plaque avait depuis disparu.
En remettre une nous est alors apparu incontournable.
Ce vendredi, dans le cadre collectif de l’association, cela faisait sens que cette plaque rende hommage aussi à Arthur et Quentin, les deux autres cordistes victimes du désormais tristement célèbre site industriel de Cristal-Union à Bazancourt.
Et au-delà, à tous les collègues cordistes ayant perdu la vie au travail.
Au moins 26 depuis 2006…

On a donc choisi une galerie en voie sans issue au fond des catacombes.
Pas trop passante pour espérer que cette plaque subsiste dans le temps et ne soit pas détériorée.
Mais pas non plus trop difficile d’accès pour permettre à toutes celles et ceux qui le souhaiterons d’aller la découvrir.

C’est dans ces catacombes déjà chargées d’histoire avec un grand « H », mais aussi de l’histoire bien vivante et contemporaine d’un Paris souterrain et underground, que se trouve aussi désormais une trace de l’histoire des ouvriers et ouvrières cordistes.
Une histoire avec un petit « h », triste et douloureuse, mais surtout collective, porteuse d’espoir, et encore à écrire…

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Une petite vidéo de cette virée sera publiée prochainement.
Mais en attendant, voici déjà une série de photos prises par Mathieu Clavel Bleuler Ơi, notre super photographe-cordiste, qu’on remercie au passage !

Une réponse sur “PARIS – Virée dans les catacombes et pose d’une plaque commémorative en hommage aux collègues cordistes morts au travail”

  1. Paris, 14 janvier 2022.
    Cinquième arrondissement.
    Latitude 48.846222, longitude 2.346414.
    Une sorte de HLM, pas mal de locataires.
    Ça cause.

    (Jaurès) – Ben merde alors, ils l’ont fait…
    (Victor Hugo) – Ils ont fait quoi ?
    (Jaurès) – Ils ont mis une plaque pour les cordistes
    (Zola) – Sérieux ? Rho la gueule !
    (Voltaire) – Mais qui a fait ça ?
    (Jaurès) – Leurs potes. D’autres cordistes, des gens de la famille. Des inarrêtables. Des audacieux. Des qui lâchent rien mais qui se marrent, qui avancent en rampant, avec des perceuses sur batterie…
    (Rousseau) – Des quoi ?!?
    (Jaurès) – Des perceuses, Rousseau. C’est des engins qui fonctionnent à l’électricité et qui servent à… Ouais nan, laisse tomber, t’étais pas né. Donc, ils rampent, ils avancent, ils ont la loupiote au front.
    (Zola) – Sous terre ?
    (Jaurès) – Carrément.
    (Zola) – Comme dans mon « Germinal » ?
    (Jaurès) – Euh… Avec des petites variantes quand-même. Y z’étaient pas forcés, déjà. Et y’en a qui avaient des tee-shirts blancs.
    (Zola) – Des tee-shirts blancs ? Pour aller sous terre ? Tu te fous de ma gueule ?… T’as raison. C’est pas mon « Germinal ».
    (Rousseau) – Dites, c’est quoi un ticheurte ?
    (Jean Moulin) – C’est un habit, hyper pratique ce truc. Tu l’enfiles par le col, y’a pas de manches, et tu… Ouais nan, laisse tomber, t’étais pas né.
    (Marie Curie) – Et ils ont fait ça pourquoi ?
    (Gambetta) – Pour rendre hommage à leurs potes cordistes qui sont morts, et par amour du vivant.
    (Malraux) – Euh, rendre hommage aux morts je veux bien, mais y’en a qui sourient sur les photos !
    (Rousseau) – C’est quoi une photo ?
    (Plusieurs personnes) – TA GUEULE ROUSSEAU !!!
    (Malraux) – N’empêche, c’est pas très sérieux tout ça. V’là la gueule de l’hommage, y z’ont des bières.
    (Mirabeau) – Ça va Malraux, détends-toi un peu. Personne t’a demandé de faire la gueule quand t’as fait entrer Jean Moulin dans la résidence. C’est pas déconnant de sourire un peu tu sais. Non, tu sais pas ?
    (Malraux) – Je ne sache pas qu’il y eut de quoi sourire lors de mon discours « Entre ici Jean Moulin »
    (Jean Moulin) – Ouais fin j’avais rien demandé hein, déjà j’étais mort en piteux état alors en plus, être transféré ici quelques années plus tard et accueilli par un type avec une gueule d’enterrement, c’était rude. J’aurais pas été contre un bon verre de vin et des mecs qui se fendent la poire moi.
    (Joséphine Baker) – Un résistant qui a le sens de la fête… Eh, Moulin, tu sais que tu me plais toi ?
    (Simone Veil) – Enfin bref, les cordistes morts, ils ont eu un bel hommage, vivant, limite joyeux. Avec des lampes frontales et des binouzes. Et nous on a eu quoi ? Des transferts ici, au Panthéon, avec des discours de gens qui faisaient la gueule. Chuis jalouse.
    (Jaurès) – Pas mieux.
    (Victor Hugo) – Ouais, pareil.

    Voici comment une bande d’encordés du ciboulot a réussi à foutre la zone au Panthéon, à rendre jaloux un paquet de grands noms de l’histoire de France, en allant simplement poser une plaque pour des inconnus. Ils étaient là, vendredi soir, dans les catacombes, à défier la mort avec audace. Parfait mélange de respect et d’insolence, pas une once de prétention, les mains dans la matière. Sans cravate. Ils ont posé la plaque dans les catacombes et fait péter les capsules, rien à voir avec les hommages en costard où la décence veut que l’on soit sérieux, noir et blanc, et où faut s’essprimer avec des mots de vieux ampoulés du lexique, des coincés de la formule. Des futurs morts, quoi.
    Vous êtes bien barrés les mecs (et les meufs).
    C’est ça qu’est bon !

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