FICHE RÉGLEMENTATION – Cartouches pyrotechniques P2

Les cartouches pyrotechniques de catégorie P2 sont couramment utilisées sur les chantiers du BTP pour fragmenter des blocs de roche ou de béton. Contrairement aux idées reçues, ce matériel peut comporter de graves dangers. Bien que déflagrant et non détonnant, il s’agit d’explosif.

Heurtés par des éclats de roches, au moins deux travailleurs cordistes ont été victimes d’accident dans le cadre de l’utilisation de ces cartouches. Le premier a coûté la vie à Régis en août 2018. Le deuxième a gravement blessé Kévin en septembre 2021.

Réagissant en urgence au vu de ces graves accident, tout deux visiblement causés par des lacunes en termes de formation, l’association Cordistes en colère, cordistes solidaires a publié en octobre dernier une première alerte sécurité pour rappeler les principales obligations réglementaires encadrant l’utilisation de ce matériel pyrotechnique.

Dont notamment, l’obligation de formation par un centre agréé par le ministère de la transition écologique.

Après un travail de recherche plus poussé, et des relectures faites par l’INERIS et les centres de formation agréés, nous publions la fiche ci-dessous, plus complète et détaillée sur la réglementation encadrant les articles pyrotechniques de catégorie P2.

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CONTACTER le BRIEC

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À RELIRE à propos des accidents
impliquant l’utilisation de cartouches P2 :

 

 

AOÛT 2018 – Accident de Régis

Cordistes :
Le dernier chantier de Régis, cordiste, mort sur le coup
(partie 3)
Franck Dépretz, Blast, 17/11/21

VIDÉO – Régis, mort au travail : la situation dramatique des cordistes
Documentaire de France Timmermans et Franck Dépretz,
19 min., Blast, le 17/11/2021


SEPTEMBRE 2021 – Accident de Kévin

Extrait de l’enquête BLAST par le journaliste Franck Dépretz :

Kévin Virroy, cordiste travaillant pour la société Ouest Acrobatique, a failli perdre la vie en utilisant une autre cartouche pyrotechnique P2, le Simplex. L’accident s’est produit le 15 septembre dernier lors d’un chantier de sécurisation d’un accès difficile menant à un barrage EDF sur la commune de Mizoën, en Isère. Kévin a reçu, comme Régis Brugière de Barante, un éclat de roche en pleine tête. Alors que son pronostic vital était engagé plusieurs jours après le drame, l’homme de 37 ans est finalement sorti du coma. D’après nos informations, son état de santé s’est nettement amélioré, même s’il ne se souvient de rien. Il a récemment quitté l’hôpital.

En nous penchant sur cette histoire, nous avons découvert que Kévin avait été formé en octobre 2020 en une journée aux techniques d’utilisation des cartouches pyrotechniques P2 par Capral.  Pourtant, cette société des Alpes-Maritimes « n’est pas titulaire d’un agrément pour la délivrance des formations et ne l’a jamais été », ainsi que l’écrit noir sur blanc à Blast le Bureau des risques des industries de l’énergie et de la chimie (Briec).

Ce service du ministère de la Transition écologique est clair : « Les personnes formées par Capral ne sont pas autorisées, en France, à manipuler et à mettre en œuvre des articles pyrotechniques P2. » Sans oublier, au passage, que l’Ineris recommande une formation « d’au moins deux jours ».

Pour en avoir le cœur net, nous avons demandé à la direction d’Ouest Acrobatique s’il était possible que Kévin soit titulaire d’une autre formation, qui aurait été délivrée par un organisme d’un autre pays membre de l’Union européenne – réellement agréé, celui-ci. A cette question, comme aux autres que nous lui avons posées, Ouest Acrobatique ne nous a pas donné de réponse.

Non agréée par l’État, basée dans le Sud de la France…

Depuis la mise en place des deux centres de formation agréés par le ministère, la base de données Aria a recensé un incident survenu en octobre 2014 et un autre en octobre 2015, à cause d’un défaut de formation aux cartouches de déroctage. Élément troublant, tous deux ont impliqué un intervenant qui « possédait un certificat de formation mais celui-ci n’était pas valable car (…) délivré par une société de distribution de produits pyrotechniques, basée dans le sud de la France, non agréée par l’État », peut-on lire sur l’outil de recensement de l’accidentologie rattaché au ministère de la Transition écologique.

En février 2011, sans avoir reçu la moindre formation, deux ouvriers corses avaient été blessés par une explosion sur une zone rocheuse, rapporte encore la base Aria. Leur chef de chantier s’était procuré des cartouches de déroctage « en vente libre », là encore auprès d’un « fournisseur basé dans le sud de la France ». Il leur avait affirmé qu’elles étaient « faciles d’utilisation et sans danger ». Comme un air de déjà vu…

 

 

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