PRESSE – Isère : un cordiste gravement blessé sur un chantier EDF

Paru dans le Dauphiné libéré, le 16/09/2021

Un homme de 37 ans, employé d’une entreprise savoyarde spécialisée dans la maintenance et l’entretien en accès difficile des bâtiments et ouvrages d’art, a été victime d’un très grave accident du travail sur un chantier EDF situé chemin de la Vieille Fontaine à Mizoën, ce mercredi 15 septembre. Peu avant 18 heures, il a en effet reçu un éclat de roche en pleine tête lors d’un tir de mine.

Inconscient à l’arrivée des sapeurs-pompiers, le cordiste a été médicalisé par une équipe du Samu avant d’être transporté par hélicoptère au CHU Grenoble Alpes où il a été admis au service de déchocage.

Source : Le Dauphiné Libéré

Chez Cristal Union, la mort qui rôde dans les silos est une salope

CORDISTES MORTS ÉTOUFFÉS SOUS LE SUCRE :
Comment le respect d’une réglementation en vigueur depuis 1956 (!) et «un minimum d’anticipation» auraient pu éviter un drame, puis neuf ans de cauchemars aux proches des victimes.

Crédit photo :  Arakné Travaux d’accès difficiles

13 mars 2012. À Bazancourt, dans la Marne, quatre cordistes descendent au fond d’un silo de cinquante-quatre mètres de haut. Sous leurs pieds, dix à quinze mètres de sucre. Deux hommes seulement remonteront vivants. La formation d’un cratère dans la masse de matière instable sur laquelle ils travaillaient ensevelira leurs deux collègues, inexorablement, sous des milliers de tonnes de sucre. Arthur Bertelli et Vincent Dequin, 23 et 33 ans, ne reverront jamais le jour.

21 septembre 2021. Le géant sucrier Cristal Union (Daddy, Erstein…) et Carrard Services, son prestataire de nettoyage, seront de nouveau jugés à la cour d’appel du tribunal de Reims après avoir fait appel au terme d’une première audience en janvier 2019. Pour les proches, pour les collègues de ces deux cordistes, le cauchemar se poursuit neuf ans et demi après les faits.

Éric Louis, qui verra son collègue de 21 ans, Quentin, périr dans les mêmes circonstances, dans un silo voisin du même site de Cristal Union cinq ans plus tard, revient avec une précision glaçante sur ce drame qu’un treuil d’évacuation, une paire de talkies-walkies et « un minimum d’organisation et d’anticipation de la part des employeurs » auraient pu éviter.

 

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Un matin de printemps 2012, vers 8 heures, l’équipe de cordistes arrive sur le site de la sucrerie Cristal Union, à Bazancourt.

Il y a là Roger, le chef d’équipe. Mustapha, posté en tant que vigie. Eux resterons en haut. Abdelamid, salarié de Carrard Services, ainsi que Frédéric, Vincent et Arthur, intérimaires, descendront au fond.

Passées les formalités d’accueil en usage, ils se dirigent vers le silo n°4. Commencent à décharger leur matériel, et l’entreposent au rez de chaussée du silo. Les cordes impeccablement lovées, les lourds sacs contenant les harnais, les mousquetons, descendeurs, anti-chutes, anneaux de sangle… Également les pelles, les pioches, les griffes. Ils entassent le tout dans le monte-charge exigu qui transportera aussi les hommes au sommet du cylindre de béton, 54 mètres plus haut. LIRE LA SUITE

TÉMOIGNAGE – Fanny et Marion

 Quand des proches racontent le drame des accidents du travail

LIRE le TÉMOIGNAGE INTÉGRAL

Fanny et Marion étaient respectivement les compagnes de Vincent Dequin et Arthur Bertelli.
Un matin de mars 2012, les vies de ces deux jeunes cordistes sont emportées au fond d’un silo à sucre de l’usine Cristal Union à Bazancourt.

Neuf ans après le drame, Fanny et Marion ont pris la plume pour raconter leur triste expérience.

Il est rare de prendre le temps d’écouter celles et ceux qui restent.
Comment ces vies se retrouvent chamboulées du jour au lendemain.
Comment de tels drames mettent à l’épreuve les corps, les esprits, toutes les petites choses du quotidien et toutes les grandes choses que l’on projetait…
Comment l’on se découvre des forces insoupçonnées pour affronter les épreuves.

Tout cela, Fanny et Marion ont pris le temps de le coucher à l’écrit pour le partager.

Un très beau texte, touchant et précieux en ce qu’il donne à voir une autre facette des drames que sont les accidents du travail.
Et puis, c’est aussi une belle ode aux métiers de la hauteur.
Une passion de la corde, de la montagne et du rocher que Fanny et Marion arrivent très bien à nous faire ressentir.

Neuf ans après le drame, la procédure judiciaire est toujours en cours.
Neuf ans après, les proches d’Arthur et Vincent attendent toujours des réponses.

Mardi 21 septembre se tiendra à Reims le procès en appel de cet accident.


Et un film documentaire :

FANNY ET MARION
un film de Elie Cuxac
Atelier Cinéma Université de Paris Année 2020 – 2021

En parallèle du témoignage écrit que nous offrent Fanny et Marion, des étudiants en cinéma ont choisi de capter leurs témoignages au travers d’un court documentaire.
Une belle vidéo qui revient sur l’accident de travail qui a coûté la vie à leurs compagnons et sur les années d’attente que justice soit rendue.
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Réalisé par Elie Cuxac / Image de Sarah Faget / Son de Camille Charles / Monté par Camille Charles, Elie Cuxac et Sarah Faget  / Réalisé dans l’Atelier de Master «  Corps étranger », dirigé par Sophie Bredier

 

FRANÇOIS – La faute inexcusable de l’entreprise GARELLI reconnue

Article paru sur France Bleu Drôme-Ardèche le 07/09/2021

Le pôle social du tribunal de Valence a rendu son délibéré : la faute inexcusable de l’entreprise niçoise Garelli a été reconnue dans l’affaire François Chirat, ce cordiste, originaire de Crest, dans la Drôme, mort sur un chantier en 2018. L’entreprise va aussi verser 100.000 euros de dommages et intérêts à la famille.

Un soulagement pour la famille : « _C’est une grande victoire dans le sens ou la faute inexcusable à été reconnue_. L’argent ne remplacera jamais mon frère mais au moins il ne sera pas mort dans l’indifférence généralisée. C’est une étape importante qui est franchie, la famille va pouvoir continuer à vivre« , a réagi Marc Chirat, le frère de la victime. – LIRE LA SUITE>

REIMS – Procès en appel de l’accident d’Arthur et Vincent (21 septembre 2021)

Toutes les infos ici

POURQUOI VENIR ?

Le 13 mars 2012, Arthur Bertelli et Vincent Dequin, tous deux cordistes, perdaient la vie ensevelis sous des tonnes de sucre au fond d’un silo de l’usine Cristal-Union à Bazancourt. Frédéric Soulier, lui aussi cordiste et dans le silo ce jour-là, échappait in extremis à cette fin tragique.

Le 11 janvier 2019, sept longues années après l’accident, le Tribunal Correctionnel de Reims jugeait les entreprises Carrard Services et Cristal-Union pour homicide involontaire dans le cadre de cet accident.

Le 1er mars, le délibéré était rendu. Les deux sociétés étaient déclarées coupables d’homicides et blessures involontaires et de manquements aux obligations de sécurité. Écopant de la même peine, leur responsabilité partagée était ainsi reconnue : 100.000€ d’amende ; mise sous surveillance judiciaire de leurs entreprises pendant 2 ans ; 6 mois de prison avec sursis et 15.000€ d’amende pour les deux chefs d’établissements ; obligation d’afficher le jugement à l’entrée de leur site à Bazancourt et Taissy : obligation de faire publier le jugement dans les Échos et le Moniteur.

Pour les proches et pour nombre de cordistes cette peine paraissait bien légère pour deux vies emportées au travail à cause de négligences et d’économies.
Cristal-Union et Carrard Services trouvaient eux cette peine excessive.
Continuant ainsi à nier toutes responsabilités, ces deux sociétés avaient fait appel du jugement.

Une première date d’audience avait d’abord été fixé en janvier 2021,
avant d’être reportée huit mois plus tard.
Ce sera le
MARDI 21 SEPTEMBRE 2021 à 14h.
Cette audience se tiendra à la Cour d’Appel de Reims (201 rue des Capucins).

Pour la mémoire d’Arthur et Vincent.
Pour leurs familles et leurs proches.
Pour soutenir Frédéric.
Pour toute notre profession.
Il sera important d’être présents
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Un rassemblement et pique-nique solidaire aura lieu
dès midi devant la Cour d’Appel de Reims
 ( 201 rue des Capucins) .

Si vous avez un trou dans votre agenda, vous pouvez déjà inscrire la date!

PRESSE – Chantier Notre-Dame – Quand des travailleurs étaient contraints de travailler sans protection pour ne pas effrayer le public

Le résumé ci-dessous est issu de
deux articles parus sur Médiapart en juillet et septembre 2019.

 

© Document Mediapart

Dans les premiers mois qui suivent l’incendie de la cathédrale Notre Dame de Paris, de nombreux ouvriers s’affairent à déblayer et sécuriser l’édifice. Alors que de nombreuses alertes concernant les risques de contamination au plomb sont portées par l’inspection du travail et la Cramif, le ministère de la Culture (Maître d’ouvrage) donne pour consigne aux salariés de travailler sans EPI.

Le spécialiste d’un bureau d’étude raconte qu’en arrivant sur les lieux, les représentants du ministère de la culture  lui « ont demandé d’enlever [sa] combinaison et [son] masque en [lui] disant « vous allez faire peur à tout le monde » ».

Pourtant, avec l’incendie ce sont près de 400 tonnes de plomb, substance classée cancérigène, mutagène et reprotoxique (CMR), contenues dans la toiture et la flèche de la cathédrale, qui sont parties en fumée, polluant l’édifice et ses environs. Comme le signale l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), « une exposition régulière au plomb peut entraîner des conséquences graves pour la santé ». Le saturnisme, l’intoxication au plomb par inhalation ou ingestion, peut, selon la gravité, entraîner des troubles digestifs, des lésions du système nerveux ou encore des problèmes de stérilité. »

Annie Thébaud-Mony, chercheuse à l’Inserm et spécialiste de la santé publique explique que ce sont des taux qu’on ne voit jamais. « Sur des chantiers pollués comme une usine de recyclage de batteries, par exemple, les taux sont douze fois supérieurs. Là, avec des taux 400 fois supérieurs, les conséquences pour la santé peuvent être dramatiques. Il faut absolument qu’il y ait un suivi médical, y compris pour les pompiers qui sont intervenus. Ce suivi est d’autant plus important que les effets sur la santé peuvent être différés dans le temps. »

Un proche du dossier résumera : « Des hommes en scaphandre sur le parvis de la cathédrale auraient effrayé les passants. L’existence d’un danger aurait été évidente. »

Combien d’ouvriers, combien de cordistes ont été ainsi exposés dans les premières heures du chantier ?

Un sacrifice à la demande du ministère et avec la complicité des employeurs…

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Résumé issu de ces deux articles :

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ARTICLES À LIRE EN INTÉGRALITÉ ci-dessous :
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Fourniture des EPI CORDISTES : Les agences d’intérim signent une convention pour faire front commun

Bientôt un an que l’association Cordistes en colère, cordistes solidaires propose aux ETT (Entreprises de Travail Temporaire) spécialisées dans les travaux sur cordes de se mettre d’accord autour de pratiques communes qui viseraient à enrayer la non-fourniture des EPI pour les cordistes intérimaires.

Pour aller dans ce sens, la réunion du 27 avril avait regroupé une dizaine d’entre elles pour définir le contenu d’une convention inter-ETT.

Au total, une trentaine d’ETT ont été contacté pour les inviter à se joindre à cette convention.
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CONVENTION SIGNÉE PAR 15 AGENCES D’INTÉRIM.
Mardi 29 juin, s’est tenu à Lyon une dernière réunion qui a permis de formaliser la signature de cette Convention inter-ETT.
15 ETT ont signé cette convention.

Au travers de celle-ci, et à compté du 1er janvier 2022, elles s’engagent à :

ne plus déléguer aucun intérimaire dans une EU (Entreprise Utilisatrice) qui ne fournirait pas tous les EPI adaptés et nécessaires aux tâches à réaliser.

● ne plus proposer aucune mission où les intérimaires se verraient contraints de travailler avec des EPI perso.
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RÉSULTATS – sondage fourniture EPI (2020-2021)

Le mois dernier, un nouveau sondage a été lancé pour connaître l’évolution de la (non) fourniture des EPI pour les cordistes intérimaires.
Le sondage concerne la période de mai 2020 à 2021.
156 cordistes y ont répondu.

En comparaison du sondage de mai 2019, ces résultats montrent une évolution lente mais positive. De plus en plus d’entreprises se conforment à la réglementation et se mettent à fournir les EPI. Mais dans une large majorité des missions d’intérim, ce sont encore malheureusement les travailleurs qui continuent d’assumer le coût de ces EPI ! LIRE ICI LES RÉSULTATS

7 & 8 août 2021 – FESTI’CORDES Light

Comme vous avez pu le constater, cette année le Festicorde n’a pas eu lieu.
Les contraintes sanitaires et les incertitudes qui les entourent ne nous ont pas permis d’envisager son organisation de manière sereine et pleinement satisfaisante.
Toutefois, nous ne renonçons pas à un moment de rencontre.
Le samedi 7 août à 21h, aux Ateliers & Co à Cliousclat (Drôme) aura lieu un concert d’Afrobeat de Segun Ola. Une soirée à consonances africaines avec repas africain,…
Et puisque vous serez là, nous vous invitons à des temps d’échanges autour du métier et de ses problématiques.
Ce sera aussi le moment d’envisager collectivement des perspectives de lutte..

    • SAMEDI 7 AOÛT 2021 (dès 14h)
      dans le cadre de l’association Cordistes en colère, cordistes solidaires
    • DIMANCHE 8 AOÛT 2021 (dès 10h)
      dans le cadre du Syndicat Solidarité Cordistes (SYSOCO).

Rendez-vous le samedi dès midi, aux ateliers & co, quartier les Plantas 26270 Cliousclat. (Infos sur les Ateliers & Co : https://www.facebook.com/lesateliersandco/)

Possibilité de poser des camions, des tentes.


Événement non ouvert au Public.
Strictement réservé aux membres de l’Association Ateliers & Co.
Carte de membre temporaire (1€) délivrée à l’entrée.
PAF Concert : 8€